Trois camps se disputent la ville de Meiland...

A Coffee against a White Night

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#1211 - A Coffee against a White Night - Posté le Sam 10 Fév - 23:46.
A Coffee against a White Night
    Ça fait déjà une poignée de semaines que vous êtes arrivés; un mois bientôt. Mais tu es toujours aussi mal à l’aise en ville, et Rhia se sent obligée de te surveiller comme le lait sur le feu. Tu as beau faire bonne figure, difficile de tromper ta sœur, et tout ce que tu essaies de dissimuler transparaît au travers de sa vigilance constante. C’en serait presque amusant si tu n’avais pas autant envie de rougir tandis qu’elle devance ces angoisses que tu ne souhaites même pas formuler en ton fort intérieur.

    - Ne t’inquiète pas. Il est probable que je puisse finir tôt. Et même si ce n’est pas le cas, Luz sera là pour t’ouvrir.

Voilà ce qu’elle t’assurait ce matin, te rappelant de faite qu’il est possible que tu découvres votre nouveau logement dans le quartier ouest, seul. Ne pas t’inquiéter? Plus facile à dire qu’à faire; tu ne te sens pas prêt à t’installer à Meiland après tant d’années sur les routes, et bien que ce soit le but au finale, ça te noue les entrailles. Avec ça, l’attitude exagérément maternelle de Rhia, bien loin de la grande sœur taquine qu’elle est habituellement, te perturbe. Certes elle est de quinze ans ton aînée, mais avant que vous ne partiez du Montana elle n’avait jamais agit comme une mère avec toi et ça te convenait puisque le concept même t‘était étranger. Cependant depuis votre fuite, elle te couve trop par moment, souvent quand elle est tendue. Alors en dépit de ta gêne, tu la laisses faire en te demandant secrètement si c’est sa peur pour toi qui la met dans cet état, ou la frustration de ne pas avoir eut de petits.

Après avoir vu sa beauté lacérée, elle a en effet laissé tombé toute idée de se retrouver un compagnon et de fonder une famille. Qu’elle ait décidé d’intégrer un clan est une amélioration en soit, car si elle n’a jamais cherché à cacher ses cicatrices, elle n’a plus laissé personne l’approcher en dehors de toi depuis qu’elle a été défigurée. C’est une chose qu’il t’est aisé de comprendre quand tu vois l’attitude des gens quand ils la croisent; à croire qu’on ne voit que ça. Que ces trois sillons parallèles qui marquent le coté gauche de son visage et son œil mort et laiteux, qui font oublier la charmante méta qu’elle reste en dehors de ça. Les gens la scrutent, le temps de comprendre ce qu’ils voient, avant de détourner précipitamment les yeux. Et le faite que tu sois seul à la voir vraiment telle qu’elle est, t’irrite sans doute plus que Rhia elle-même.

C’est pour cette raison que ce matin, pour le petit déjeuné, vous étiez posés dans ce café précisément et pas un autre. Vous retrouvez là avec Rhia est rapidement devenu une habitude; d’abord parce que l’établissement se situe non-loin de l’hôtel où vous logiez jusque là, et deuxièmement à cause de l’accueil qui se tient en lieu et place d’un barman ombrageux et taciturne. Il est poli, agréable sans pour autant se montrer très sociable. Mais ce qui t’as encouragé à revenir là encore et encore avec ta sœur, c’est son comportement vis-à-vis d’elle; égale à celui qu’il resserve aux autres clients.

      - Il est plutôt mignon le serveur. Non? Te demandait Rhia ce matin et toi tu lui souriais en acquiesçant après un coup d’œil vers l’homme, sans songer un instant qu’elle pouvait sous-entendre que tu puisses être sensible au charme de celui-ci plutôt qu’elle.

Il est vrai que tu laisses de beaux pourboires en plus d’offrir volontiers tes sourires timides à cet homme en guise de reconnaissance. Sans compter tu tiens vraiment à venir dans ce café particulier à présent, car il est devenu pour toi le premier lieu familier depuis… vraiment très longtemps. Voilà peut-être pourquoi ce soir tu te retrouves devant ce même endroit, sans trop savoir comment.

Après ta longue journée aux écuries, tu aurais dû prendre le chemin du quartier ouest et il te semble que c’est ce que tu as fais. Mais sans t’en apercevoir, tu t’es laissé égarer dans les rues et il te faut un moment à errer pour te rendre compte qu’en réalité tu ne veux pas te rendre sur le territoire du clan pacifiste. Tu as peur d’y aller seul. Peur d’y habiter. Peur d’intégrer un nouveau clan quand bien même parfois ton ancien clan te manque. Et pendant que tu tournais sans réussir à prendre la direction convenue, le jour est tombé et il s’est mit à neiger. Cela n’a fait que te rappeler d’avantage à tes souvenirs, et à tes hivers d’enfant à jouer dans la neige. Alors tu as continué de marcher le nez en l’air et quand tu t’es arrêté, tu étais au Mocaccino Coffee.

Tu te dis que ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée d’être là. C’est un lieu rassurant, et si Rhia en vient à te chercher en s’apercevant que tu n’es pas sous la protection du clan, elle saura t’y trouver. Dommage qu’il soit si tard et que l’établissement est déjà fermé; tu vois encore de la lumière à l’intérieur mais ce n’est peut-être que le patron qui fait les comptes ou le ménage. Aussi tu t’adosses contre la façade de la bâtisse et te laisse glisser au sol. De toute façon tu ne vois pas où passer la nuit; tu n’arriveras pas à aller jusqu’au quartier ouest, c’est à l’évidence au-dessus de tes forces. De plus, à part quelques pièces, tu n’as pas d’argent sur toi et ne peux donc te permettre de prendre une nouvelle chambre d’hôtel. Tu n’as nul part où aller ; où te sentir en sécurité. Alors tu attendras ici et se constat t’apaise.

Tu serres bien ta veste fourrée autour de toi et laisses aller ta tête en arrière pour sentir sur ton visage la légèreté piquante des flocons qui s’y fondent. Tu les regardes voleter, rêveur et calme, et peut-être qu’au bout d’un moment tu t’endors, en laissant le froid pénétrer tes songes de sa nostalgie. Jusqu’à ce qu’un bruit, ou une voix réveille ta vigilance. Quand tu en découvres la source, tu rougis autant que l’air glacé te le permet.

    - ...b’soir… Tu manges à moitié le mot tellement ta voix est basse. Je… désolé. Peut-être que je ne devrai pas être là… ? Tu te demandes si cela fait longtemps qu’il t’observe.

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#1257 - Re: A Coffee against a White Night - Posté le Dim 18 Fév - 23:35.
A Coffee against a White Night

Il parait que dans ce monde, les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas. Il parait que dans ce monde, les jours se suivent...encore et encore. Il parait que dans ce monde...les jours sont tous semblables. Il parait...Non, c'est même une certitude. Dans ce monde, un homme s'y perd.
Les jours sont tous les mêmes, ils le laissent perplexe. Chaque matin, Nikita se demande pourquoi il s'y réveil encore. Oh non il ne pense pas à quitter la planète bleue, il veut y vivre. Le brun se demande simplement quel est le but de sa présence. Pourquoi vit-il au juste? Par quelle force parvient-il à se lever chaque jour? La réponse, il ne la connait pas. Ou du moins, c'est ce qu'il croit.

Il se traîne hors de son lit, chasse ses mauvais rêves d'un revers de la main, alors qu'il libère sa vision de sa tignasse sombre qu'il ramène en arrière. La routine matinal, presque robotique, comme si le petit humain qu'il est a tout simplement été programmé. Ses pas le mènent à la salle de bain, il s'y réveille d'une douche juste tiède, s'habille et se traîne jusqu’à la cuisine, où il y boit un café serré, perdu dans ses pensés alors qu'il regarde par la fenêtre, avant de quitter la chaleur du foyer pour se rendre dehors, puis, sur son lieu de travail.
Ici, Nikita découvre de nouveaux visages. De passage sans doute, se disait-il. Mais il se trompait.
Un homme et une femme, dont le visage meurtrie réveillait les regards curieux des clients de passage, auxquels Nikita faisait dévier l'attention vers sa personne, prétextant leur apprendre son art du dessin lacté dans les tasses qu'ils sert ensuite. Si une chose parvenait à taper sur ses nerfs,
c'était les regards insistants sur les différences de certaines personnes.
Pour lui, cette femme était aussi belle qu'une autre. C'était une personne. Pas un tableau que l'on note à la beauté.

A mesure que les jours défilaient, Nikita fut surpris de trouver agréable cette petite routine, quand ces deux personnes venaient s'installer là. Et non, avant que la question ne se pose, les pourboires n'avaient rien à voir. Il était même gêné d'en recevoir, mais d'un coté, cela félicitait aussi son travail, sa présence peut être? Aucune idée, mais, c'était valorisant au fond.
D'ailleurs la nouvelle des pourboires n'était pas passé par l'oreille d'un sourd, car le patron était content d'apprendre que son employé y avait le droit. Le geste commercial suivait ce jour là, il était de bonne humeur, ce fut donc un café offert par la maison qu'il leur laissa.
Le patron, italien pure souche, portait l'émerveillement. Aussi chaleureux que le soleil de la toscane en plein été, droit dans ses bottes, un homme comme on en fait quasiment plus.
Bref, les clients quittaient peu à peu l'établissement, la nuit tombait, le patron quittait les lieux...Et Nikita restait plus tard pour faire les comptes, prendre un temps pour souffler aussi. Le cadre plus chaleureux que son appartement vide et froid ne lui donnait pas envie de partir. Tout les soirs, notre cher russe faisait la fermeture. Il l'avait demandé d'ailleurs, il ne s'en plaignait pas au contraire, car il savait qu'ainsi, il pouvait permettre à son patron de rejoindre sa famille. Lui...et bien, personne ne l'attendait à la maison, alors être seul ici ou ailleurs, peut lui en importait.

S'appuyant à la vitre, il regardait tomber la neige, qui ravivait des souvenirs aussi douloureux qu'agréable, une sensation étrange, vraiment.
Alors qu'il posait son regard sur la rue, il remarqua une silhouette posée là. Il resta à l'observer quelques temps, avant de se dire que cela pouvait être dangereux de rester dehors par ce froid.
Nikita ouvrit la porte, s'appuyant sur le pas de celle-ci en croisant les bras.


-Je peux vous aider?

La question avait peut être était posé de façon peu chaleureuse, mais il sembla se radoucir en reconnaissant la personne qui se tenait là. Il l'observa, silencieux sous la question de ce dernier pendant de longues secondes, avant de se décider à prononcer quelques mots enfin.

-Ce n'est pas a moi de juger où il est bon pour vous de vous trouver. Enfin...

Il détailla les alentours, semblant chercher la seconde personne qu'il avait l'habitude de voir à ses cotés, mais ce soir, il semblait seul. Perdu ici, à laisser la neige mordre sa peau sous ce froid hivernal. Il ne pouvait pas le laisser là, sur le pas de la porte. Plus que cela même, il ne voulait pas le laisser là. Soupirant légèrement, il se détacha les cheveux, secouant quelque peu la tête.

-Il neige de plus en plus, vous devriez rentrer pour vous réchauffer.

Au départ, ses paroles sans grande émotion ni hospitalité pouvaient donner l'impression qu'il le chasser, mais sa gestuelle fit deviner le contraire. Il se décala de l'entré, bras tendu vers l'intérieur du café. Un sourire apaise le cœur, c'est ce qu'il entendait parfois du moins, alors il en offrit un au jeune homme face à lui, bien que léger.


-Je peux vous offrir un café?

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